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mercredi 8 juin 2016

Physionomie des ténèbres



J'exerce le métier de fantôme. Je voyage de lieu en lieu tel une feuille tombée d'un arbre. Je passe ainsi du silence au tumulte au gré de mes vols, virevoltant, emporté par le rythme imposé de cette danse. Je me réveille avec la rosée du matin, je pleure avec la pluie, je ris avec le dieu soleil. Parfois j'emprunte de voies sans issue qui me laissent alors errant au milieu d'un labyrinthe de possibilités, perdu, cherchant dans quel sens diriger mes pas invisibles. C'est alors que je finis dans un livre, couché sur une feuille, voyageant et dansant  de page en page, virevoltant. J'évoque parfois la pluie, souvent le soleil, j'accompagne le lecteur jusqu'au royaume d'un dieu lointain, où il lui est possible d'être béni avec de la rosée. Puis lorsque le livre se referme, c'est le silence. Les feuilles de papier retournent  dans le passé, se remémorent  leur vie lorsqu'elles étaient parties constituantes d'un arbre fort et vigoureux, baignant dans la lumière réchauffant du soleil.
La lumière de la conscience scintillait sur son front. C'était là le signe d'accueil par le génie des lieux. Tout avait commencé avec une mince ligne de lumière émanant des dernières feuilles de l'automne. Enfouis en dessous se trouvaient divers livres, elle en avait ouvert un au hasard et avait suivi les instructions secrètes qui l'avaient conduite en ces lieux.

jeudi 26 mai 2016

Un nouveau concept politique: la 'démocratie totalitaire'?

                Plus besoin d'écrivains visonnaires tels qu'Aldous Huxley ou George Orwell pour innover. Désormais, ce sont certains de nos élèves qui, dans leurs copies, mentionnent un nouveau concept (bien que cela se fasse à leur insu): 'la démocratie totalitaire'. Bien que maladroit, le terme en lui-même, est intéressant. Alors essayons de définir ce que pourrait être une 'démocratie totalitaire' si le terme existait et concernait le régime politique d'un pays: ce serait un régime dans lequel le peuple aurait toujours le droit de s'exprimer, mais uniquement par le vote, et dont l'avis ne serait pas pris en compte (passage en force des lois). Ainsi, toute tentative de contester, protester, revendiquer ses droits serait niée, voire ferait l'objet d'une répression violente (évacuation musclée dès qu'il y a grève). Nous avons voté (enfin pas tous vu l'accroissement du taux d'absention au fil des élections) mais les politiques élus passent des lois en force - détournant des articles utilisés en cas de mise en danger du pays pour passer ces lois. L'objectif d'un gouvernenment, normalement, est de travailler dans l'intérêt du peuple qu'il gouverne afin de lui offrir des conditions de vie et de travail favorables à son bien-être et à la croissance économique du pays. Pour atteindre cet objectif quatre éléments sont indispensables : une bonne éducation, un bon système de santé, une justice fiable et, enfin, du travail permettant de vivre de façon décente et non dans la précarité. Les dernières réformes passées dans les domaines de l'éducation et de la santé sont allées à l'encontre de cet objectif. Les affaires, et différents scandales de ces dernières années, font que les Français ne croient plus réellement en leur système judiciaire. Enfin, cette loi du travail finit le travail, si je puis dire. Comment notre pays pourrait-il rester Notre Pays si les enfants n'ont plus accès à l'école gratuite pour tous, si on ne leur donne pas la possibilité de pouvoir un jour participer à la société de demain? Comment notre pays peut-il fonctionner si les gens ne peuvent plus être soignés correctement et de façon équitable? Comment peut-il fonctionner quand certains délits ou crimes ne sont pas punis sous prétexte que certaines personnes seraient intouchables? Comment peut-il fonctionner si le travail devient précaire? 
              Alors, oui aujourd'hui le pays est bloqué. Oui, c'est énervant d'être encore les premiers à souffrir d'une telle situation alors que nous n'y sommes pour rien. Mais, nous sommes un pays avec une longue tradition de lutte face à l'injustice quelle qu'elle soit. Nous avons toujours su défendre nos droits et nos valeurs pour nous donner les moyens d'avoir une société dans laquelle nous épanouir et que nous pourrions léguer à nos enfants. Nous avons le droit de contester un gouvernement lorsque celui-ci ne remplit plus sa mission première. C'est ce que font ces gens qui bloquent tout aujourd'hui. Chaque fois que l'éxecutif de notre pays a voulu nier nos droits nous avons su nous mettre debout et tenir tête à la tête du pays, et nous en sommes sortis vainqueurs. Défendre nos droits et notre démocratie est essentiel. Nous avons une très grande capacité de résistance et nous sommes capables de solidarité. Nous l'avons fait pendant la Seconde Guerre Mondiale (grâce aux résistants), nous l'avons fait dans les mines, nous le faisons aussi lorsque nous nous réunissons suite à une attaque terroriste de notre pays. Là aussi nous défendons notre liberté qui nous est si chère. Il ne s'agit pas d'un caprice. Nos dirigents devraient se souvenir non seulement de leurs cours d'histoire (eux qui ont fait de grandes écoles) mais aussi du fait qu'ils non pas été élus à la majorité. En effet, si l'on prend en compte le taux d'abstention, qu'on y ajoute les votes blancs, et les voix données aux autres partis politiques...il ne leur reste qu'un pourcentage infime de voix au final. Infime face aux 44,6 millions d'électeurs que nous sommes. Il ne s'agit pas d'un caprice car nous savons que nous sommes dans notre droit, la preuve en est que la loi a été passée en force, c'est donc que nos dirigenats savaient qu'elle ne ferait pas l'unanimité, qu'elle ne protégeait pas nos droits. C'est là qu'est le caprice. Et nous ne pouvons laisser notre pays devenir l'expression du caprice d'une 'pincée' d'hommes. Mon propos peut paraître idéaliste mais un proverbe dit "Vise la Lune, en cas d'échec tu atterriras dans les étoiles". Il faut viser haut, se donner les moyens (même si ceux-ci sont démesurés et engendrent parfois des sacrifices) pour préserver ce qui nous est cher. Si nous ne le faisons pas pour nous, faisons-le pour nos enfants, cette loi pourrait être leur avenir; la fin de la démocratie, si ce passage en force est entériné, pourrait aussi faire partie de leur avenir. Alors question : est-ce ce que nous voulons? Une 'démocratie totalitaire'?

mardi 12 avril 2016

L'Oracle della Luna

Afficher l'image d'origine  Afficher l'image d'origine                                                                                                                  
                  Avec ce roman riche d'enseignements  -  dans tous les sens du terme (historiques, philosophiques, spirituels, géographiques)  -  Frédéric Lenoir nous entraîne, entre autres, dans une réflexion sur la place de la destinée face au libre arbitre. En suivant le parcours de Giovanni sur plusieurs années, nous sommes pris à témoin de la réalisation ou non de cet oracle et de la place qui lui est laissée par le protagoniste dans les différentes vies qu'il mène dès lors qu'il quitte son village natal par amour pour la belle Elena. De là s'ensuivent diverses pérégrinations au coeur de la Renaissance européenne, et ce jusqu'en Afrique du nord et c'est avec force de détails que l'auteur rend ces déambulations passionnantes tant le cadre est agréablement posé, tout en tant entouré d'une aura mystique envoûtante. De plus, les théories philosophiques et spirituelles mises en avant sont toujours d'actualité et lorsque celles-ci se trouvent combinées entre elles, alors qu'elles paraissent parfois aux antipodes les unes des autres, elles permettent de prôner une tolérance religieuse dont nous avons tant besoin aujourd'hui. Même si parfois nous sommes à deux doigts de basculer dans du Dan Brown, l'auteur nous propose un thriller à l'empreinte unique, une part de l'histoire de l'homme d'hier pour mieux comprendre l'homme d'aujourd'hui. De l'amour, des aventures, de l'histoire, une quête existentielle qui trouve un écho en chaque lecteur, bref un petit bijou à posséder dans sa bibliothèque!

jeudi 25 février 2016

Je ne suis pas celle que je suis

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                Livre très atypique car il s'agit d'un va-et-vient entre le passé et le présent par le biais d'une psychothérapie. Ce récit aux accents autobiographiques nous plonge dans l'univers d'une "héroïne" au passé suicidaire, torturé et rempli d'interdits dans son pays natal l'Iran, nous offrant par la même occasion l'opportunité de découvrir la vie des femmes dans ce pays (si l'on peut parler de vie au vu des restrictions et du climat délétère qui y règnent). Les souvenirs emprisonnés dans l'esprit de cette jeune femme ont fini par donner naissance à une personnalité multiple, tantôt inquiétante, tantôt effacée, qui a du mal à se contruire une identité et à instaurer un certain équilibre de vie. Tout cela écrit dans un français d'autant plus remarquable lorsque l'on sait qu'il ne s'agit pas de la langue natale de l'auteure - ce qui n'empêche pas cette dernière de porter un regard très juste sur la société occidentale en comparaison avec la société iranienne dont elle est issue, rappelant ainsi qu'aucune société n'est parfaite. A lire de toute urgence!